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Bitcoin : C’est quoi ? Comment ça marche ?

Qu’est-ce que c’est le Bitcoin ?

Pour éliminer une partie de la confusion entourant le bitcoin, nous devons le séparer en deux composantes. D’une part, vous avez bitcoin-the-token, un bout de code qui représente la propriété d’un concept numérique – un peu comme une reconnaissance de dette virtuelle. D’autre part, vous avez bitcoin-the-protocol, un réseau distribué qui maintient un livre d’équilibres de bitcoin-the-token. Les deux sont appelés “bitcoin”.

Le système permet d’envoyer des paiements entre utilisateurs sans passer par une autorité centrale, telle qu’une banque ou une passerelle de paiement. Il est créé et détenu électroniquement. Les bitcoins ne sont pas imprimés, comme le dollar ou l’euro – ils sont produits par des ordinateurs du monde entier, en utilisant des logiciels libres.

C’était le premier exemple de ce que nous appelons aujourd’hui les crypto-monnaires, une classe d’actifs croissante qui partage certaines caractéristiques des monnaies traditionnelles, avec une vérification basée sur la cryptographie.

Qui l’ a créé?

Un développeur de logiciels pseudonyme portant le nom de Satoshi Nakamoto a proposé le bitcoin en 2008, comme un système de paiement électronique basé sur la preuve mathématique. L’idée était de produire un moyen d’échange, indépendant de toute autorité centrale, qui puisse être transféré par voie électronique de manière sûre, vérifiable et immuable.

A ce jour, personne ne sait qui est Satoshi Nakamoto.

En quoi est-elle différente des monnaies traditionnelles?

Bitcoin peut être utilisé pour payer les choses par voie électronique, si les deux parties le souhaitent. En ce sens, c’est comme les dollars, les euros ou le yen conventionnels, qui sont également négociés numériquement.

Mais il diffère de la monnaie numérique de fiat de plusieurs façons importantes:

1 – Décentralisation

La caractéristique la plus importante de Bitcoin est sa décentralisation. Aucune institution ne contrôle le réseau bitcoin. Elle est gérée par un groupe de programmeurs bénévoles, et gérée par un réseau ouvert d’ordinateurs dédiés répartis dans le monde entier. Cela attire des personnes et des groupes qui se montrent dévaforables au contrôle que les banques ou les institutions gouvernementales exercent sur leur argent.

Le Bitcoin résout le ” double problème de dépense ” des monnaies électroniques grâce à la cryptographie. Pour les monnaies électroniques traditionnelles, cette fonction est remplie par les banques, ce qui leur permet de contrôler le système traditionnel. Avec bitcoin, l’intégrité des transactions est maintenue par un réseau distribué et ouvert, propriété de personne.

2 – Offre limitée

Les monnaies (dollars, euros, yens, etc.) ont une offre illimitée – les banques centrales peuvent émettre autant qu’elles le souhaitent et tenter de manipuler la valeur d’une monnaie par rapport aux autres. Les détenteurs de la monnaie (et surtout les citoyens avec peu d’alternative) en supportent le coût.

Avec bitcoin, en revanche, l’approvisionnement est étroitement contrôlé par l’algorithme sous-jacent. Un petit nombre de nouveaux bitcoins s’écoulent toutes les heures et continueront de le faire à un rythme décroissant jusqu’ à ce qu’un maximum de 21 millions soit atteint. En théorie, si la demande augmente et que l’offre reste inchangée, la valeur augmente.

3 – Pseudonymat

Alors que les émetteurs de paiements électroniques traditionnels sont généralement identifiés (à des fins de vérification et pour se conformer à la législation anti-blanchiment et à d’autres législations), les utilisateurs de bitcoin opèrent en théorie dans un environnement semi-anonyme. Puisqu’il n’ y a pas de “validateur” central, les utilisateurs n’ont pas besoin de s’identifier lorsqu’ils envoient du bitcoin à un autre utilisateur. Lorsqu’une demande de transaction est soumise, le protocole vérifie toutes les transactions précédentes pour confirmer que l’expéditeur dispose du bitcoin nécessaire ainsi que de l’autorisation de les envoyer. Le système n’ a pas besoin de connaître son identité.

En pratique, chaque utilisateur est identifié par l’adresse de son porte-monnaie. Les transactions peuvent, avec un certain effort, être suivies de cette façon. De plus, les organismes d’application de la loi ont élaboré des méthodes pour identifier les utilisateurs, au besoin.

En outre, la plupart des bourses sont tenues par la loi d’effectuer des contrôles d’identité sur leurs clients avant qu’ils ne soient autorisés à acheter ou à vendre des bitcoins, ce qui facilite un autre moyen de suivre l’utilisation des bitcoins. Le réseau étant transparent, la progression d’une transaction particulière est visible par tous.

Le bitcoin n’est donc pas une monnaie idéale pour les criminels, les terroristes ou les blanchisseurs d’argent.

4 – Immutabilité

Les transactions bitcoin ne peuvent pas être contre-passées, contrairement aux transactions électroniques.

C’est parce qu’il n’ y a pas d’arbitre central qui puisse dire “bon, rendez l’argent.” Si une transaction est enregistrée sur le réseau, et si plus d’une heure s’est écoulée, il est impossible de la modifier.

Bien que cela puisse inquiéter certains, cela signifie qu’aucune transaction sur le réseau bitcoin ne peut être modifiée.

5 – Divisibilité

La plus petite unité d’un bitcoin est un satoshi. C’est cent millionième de bitcoin (0.00000001) – aux prix actuels, environ un centième de cent. Cela pourrait permettre de réaliser des microtransactions que la monnaie électronique traditionnelle ne peut pas effectuer.

Bitcoin a été créé à l’origine comme un mode de paiement alternatif et décentralisé. Contrairement aux virements bancaires internationaux de l’époque, il était peu coûteux et presque instantané. Un avantage supplémentaire pour les commerçants (moins important pour les utilisateurs) était qu’il était irréversible, éliminant ainsi la menace de refacturations coûteuses.

Toutefois, l’amélioration des modes de paiement nationaux et le développement rapide d’autres formes de transferts internationaux non cryptocurrencés ont réduit l’avantage du bitcoin dans ce domaine, notamment en raison de l’augmentation des frais et de la fréquence des goulots d’étranglement du réseau.

En outre, la surveillance et la réglementation croissantes visant à prévenir le blanchiment d’argent et les transactions illégales ont restreint l’utilisation de la cryptocurrence pour des raisons de confidentialité.

Dans certaines parties du monde, le bitcoin est encore un moyen plus efficace et moins coûteux de transférer de l’argent à travers les frontières, et plusieurs entreprises de transfert de fonds utilisent cette fonctionnalité. Toutefois, les avantages de Bitcoin en termes de coûts et de rapidité s’amenuisent à mesure que les canaux traditionnels s’améliorent (et que les frais de réseau continuent d’augmenter) et que la liquidité reste un problème dans de nombreux pays.

De plus, un certain nombre de grands et petits détaillants acceptent les crypto-monnaies comme forme de paiement, bien que les rapports indiquent que la demande pour cette fonction n’est pas élevée.

Et beaucoup d’individus se sentent plus à l’aise de conserver une partie de leur richesse dans un bitcoin stocké en lieu sûr, où une autorité centrale ne peut pas bloquer l’accès ou prendre une coupure.

Récemment, les bitcoins semblent avoir assumé le rôle d’actifs d’investissement, les traders, les investisseurs institutionnels et les petits épargnants ayant pris conscience des gains potentiels liés à l’appréciation des prix.

Selon certaines sources, le bitcoin est de plus en plus utilisé pour le blanchiment d’argent. De toute façon, le bitcoin n’est pas, comme on le croit généralement, la meilleure solution pour le blanchiment d’argent, l’extorsion de fonds ou le financement du terrorisme, puisqu’il est à la fois traçable et transparent – comme le prouve une série d’arrestations récentes.

Comment acheter des Bitcoins

Vous avez donc appris les rudiments du bitcoin, vous êtes enthousiasmé par son potentiel et vous voulez maintenant en acheter*. Mais comment?

(*Veuillez ne jamais investir plus que vous ne pouvez vous permettre de perdre – les crypto-monnaies sont volatiles et le prix peut baisser ou augmenter fortement.)

Bitcoin peut être acheté sur les bourses, ou directement auprès d’autres personnes via les places de marché.

Vous pouvez les payer de diverses façons, allant de l’argent comptant aux cartes de crédit et de débit en passant par les virements bancaires, ou même avec d’autres crypto-monnaies, selon l’acheteur et l’endroit où vous vivez.

1 – mettre en place un portefeuille

La première étape consiste à mettre en place un porte-monnaie pour ranger votre bitcoin – vous en aurez besoin, quelle que soit la méthode d’achat que vous préférez. Il peut s’agir d’un porte-monnaie en ligne (que ce soit une partie d’une plate-forme d’échange ou via un fournisseur indépendant), d’un porte-monnaie de bureau, d’un porte-monnaie mobile ou d’un porte-monnaie hors ligne (tel qu’un périphérique matériel ou un porte-monnaie papier).

Même à l’intérieur de ces catégories de portefeuilles, il y a une grande variété de services à choisir, alors faites des recherches avant de décider quelle version correspond le mieux à vos besoins.

Vous pouvez trouver plus d’informations sur certains des portefeuilles là-bas, ainsi que des conseils sur la façon de les utiliser, ici et ici.

La partie la plus importante de tout portefeuille est la protection de vos clés (une chaîne de caractères) et/ou mots de passe. Si vous les perdez, vous perdez l’accès au bitcoin qui y est stocké.

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2 – ouvrir un compte sur une bourse de valeurs

Les bourses de crypto-monnaie achèteront et vendront des bitcoins en votre nom. Des centaines d’entre eux sont actuellement en activité, avec des degrés variables de liquidité et de sécurité. Chaque jour des nouveaux exchanges ouvrent leur porte quand d’autres mettent la clé sous la porte.

Comme pour les portefeuilles, il est conseillé de faire des recherches avant de choisir – vous aurez peut-être la chance d’avoir plusieurs bourses de bonne réputation parmi lesquelles choisir, ou votre accès peut être limité à un ou deux, selon votre zone géographique.

La plus grande bourse de bitcoin du monde pour le moment en termes de volume en dollars US est Bitfinex, bien qu’elle s’adresse principalement aux opérateurs spot. D’autres bourses à volume élevé sont Coinbase, Bitstamp et Poloniex, mais pour les petites quantités, la plupart des bourses de bonne réputation devraient bien fonctionner. (Remarque: au moment de la rédaction du présent document, l’engouement pour le commerce de bitcoin met à rude épreuve la plupart des opérations d’achat et de vente au détail; il est donc recommandé de faire preuve de patience et de prudence.

En raison des restrictions imposées par la réglementation sur la connaissance de son client (KYC) et la lutte contre le blanchiment d’argent (AML), de nombreux échanges exigent maintenant une identification vérifiée pour la configuration du compte. Ceci inclura habituellement une photo de votre pièce d’identité officielle, et parfois aussi une preuve d’adresse.

La plupart des échanges acceptent le paiement par virement bancaire ou carte de crédit, et certains sont prêts à travailler avec des virements Paypal. Et la plupart des bourses facturent des frais (qui incluent généralement les frais d’utilisation du réseau bitcoin).

Chaque bourse a une procédure différente pour la configuration et la transaction, et devrait vous donner suffisamment de détails pour pouvoir exécuter l’achat. Sinon, envisagez de changer de fournisseur de services.

Une fois que l’échange a reçu le paiement, il achètera la quantité correspondante de bitcoin en votre nom, et les déposera dans un portefeuille généré automatiquement sur l’échange. Cela peut prendre des minutes, ou parfois des heures en raison de l’activité et de la fréquentation du réseau. Si vous le souhaitez (recommandé), vous pouvez ensuite transférer les fonds dans votre portefeuille hors bourse.

Le minage et le bitcoin

Le minage est le processus par lequel les blocs sont ajoutés à la blockchain. Autrement dit le processus par lequel un bloc est relié à l’ensemble des nouveaux blocs préexistant. On appelle ce processus « minage » parce qu’il ressemble au minage des métaux précieux, celui du l’or notamment. Il requiert en effet des ressources (du hardware et de l’électricité en l’occurrence) qui permettent de produire des unités nouvelles à un rythme prédictible et avec une production marginale décroissante.

Un mineur peut être n’importe quel individu ayant installé à la fois un nœud et un logiciel de minage. Pour miner, avoir installé un nœud est une condition nécessaire mais pas une condition suffisante. Tous les nœuds ne sont pas contrôlés par les mineurs. Il y a plein de nœuds qui se contentent exclusivement de relayer les données à l’ensemble des autres nœuds du réseau sans faire aucun travail de minage.

Accrochez-vous parce que la suite de cet article va peut être paraître un peu technique, mais elle est très importante pour comprendre en profondeur le fonctionnement du système.

La preuve de travail 

L’ensemble des mineurs essaient en même temps de trouver la solution au même problème mathématique. Concrètement ils essaient de découvrir un nombre ayant certaines caractéristiques cryptographiques bien spécifiques. Dans le jargon technique, ce nombre s’appelle un nonce. Cette recherche nécessite de la puissance de calcul et du temps (car la découverte du nonce adéquate ne peut se faire qu’à la suite d’un nombre important d’essais et d’erreurs). Les caractéristiques du nonce recherché sont ajustées par le protocole de telle manière que le temps pour le découvrir soit toujours de 10 minutes en moyenne. C’est-à-dire que plus les mineurs ont une puissance de calcul importante à leur disposition, plus la découverte du nonce nécessite une puissance de calcul importante ; et inversement, plus la puissance de calcul de l’ensemble des mineurs est faible et plus la découverte du nonce sera simple (cf. le paragraphe sur la difficulté un peu plus bas).

Tous les mineurs travaillent pour générer le même bloc, celui qui contient toutes les transactions qui ont eu lieu sur le réseau lors des 10 dernières minutes. Une fois le nonce découvert par un des mineurs, celui-ci intègre le nonce au bloc qu’il était en train d’être généré. Ce mineur qui résout le problème en premier obtient la possibilité d’inscrire dans le bloc – en plus du nonce – une récompense qui lui est destinée (cf. paragraphe suivant). En gros on peut considérer que le bloc est un puzzle et que le nonce constitue la pièce manquante de ce puzzle.

Quand le nonce est découvert, la composition du bloc devient quasiment définitive (le mineur lui rajoute simplement sa récompense) et celui-ci est ensuite transmis à tout le reste réseau. C’est la présence du nonce dans le bloc transmis qui permet aux autres nœuds de s’assurer que le bloc qu’ils viennent de recevoir est bien un bloc valide. La présence du nonce constitue une preuve de travail : la preuve que des calculs informatiques compliqués ont été nécessaires pour générer le bloc. Une fois cette présence vérifiée, les autres mineurs arrêtent de travailler sur le bloc qui vient d’être résolu et passent à la production d’un nouveau bloc, celui qui va enregistrer les transactions nouvelles du réseau.

La récompense

Le mineur qui résout le problème en premier gagne donc le droit de s’attribuer un certain nombre de bitcoins. Il fait cela en inscrivant une transaction dont il est bénéficiaire dans le bloc qu’il génère et transmet aux autres. Ces bitcoins font office de récompense pour la mise à disposition de la puissance de calcul qui permet de sécuriser les transactions. Sans l’existence de cette récompense, personne ne voudrait consommer de l’électricité pour faire des calculs qui certifient la validité des transactions.

La sécurité des transactions ne repose donc pas sur la mise à disposition altruiste des mineurs de leur puissance de calcul mais sur leur motivation à faire un profit. Comme disait Adam Smith, on ne compte pas sur l’altruisme du boulanger pour avoir du pain mais sur son goût du profit. Une des facettes du génie de Satoshi Nakamoto est sa très bonne compréhension des phénomènes économiques et de la nature humaine qui les engendre. Il comprenait que l’incitation par le profit est l’incitation la plus fiable qui soit.

Il est également important d’insister sur le fait que les bitcoins ainsi attribués sont des bitcoins qui n’existaient pas auparavant. L’attribution des récompenses équivaut à de la création monétaire. C’est de cette manière que tous les bitcoins ont été créés depuis le début. Chaque bitcoin en existence est la contrepartie d’un travail de minage effectué par le passé.

Cette récompense est programmée pour être divisée par 2 tous les 210 000 blocs, soit à peu près tous les 4 ans. Elle était initialement de 50 bitcoins et est actuellement – depuis le 28 novembre 2012 – de 25 bitcoins. Il y a donc 25 bitcoins qui sont créés toutes les 10 minutes, soit 3 600 par jour. Comme aujourd’hui il y a environ 12 347 000 bitcoins en circulation, cela signifie que la masse de bitcoins augmente à un rythme de 10,65% par an (365 * 3600 / 12 347 000). La prochaine division par 2 de la récompense aura lieu en septembre 2017. A ce moment, là la création de nouveaux bitcoins passera à 1 800 par jour. Cela donnera une augmentation annuelle du stock de bitcoins de 4% environ.

La difficulté

Afin que la durée cible de 10 minutes entre chaque bloc soit respectée en dépit des variations de la puissance de calcul, la difficulté de trouver un bloc est ajustée tous les 2016 blocs (soit toutes les 2 semaines). Ainsi plus il y a de mineurs et/ou plus ceux-ci ont du matériel de minage puissant, plus la difficulté augmente. Le chiffre de la difficulté est un chiffre calculé relativement à la facilité de miner au tout début. On peut voir sur ce site les chiffres de la difficulté (2 193 847 870 actuellement) et de la puissance de calcul du réseau (20 988 petahash/s) en haut à droite. Plus le chiffre de la difficulté est élevé et plus cela signifie qu’il est difficile pour un attaquant de prendre contrôle du réseau. Une augmentation de la difficulté est donc une mauvaise nouvelle pour les mineurs car cela signifie qu’il est plus dur pour eux de trouver un bloc valide, mais cela est une bonne nouvelle pour la robustesse du réseau Bitcoin. Le malheur des uns fait le bonheur des autres !

Il faut noter que plus le prix des bitcoins augmente plus il va y avoir de mineurs. En effet lorsque la récompense liée à la validation d’un bloc voit sa valeur augmenter, le retour sur investissement des achats de hardware pour miner va lui aussi augmenter, ce qui va conduire d’avantage de personnes à pratiquer le minage. Et comme nous venons de le voir, plus il y a de mineurs, plus la difficulté augmente. La difficulté et la sécurité du réseau sont donc corrélées positivement au prix du bitcoin.

Comment les transactions en Bitcoin fonctionnent ?

Si vous voulez que quelqu’un vous fasse un virement bancaire, vous lui fournissez un RIB. Avec Bitcoin, l’équivalent du RIB s’appelle une adresse. Une adresse est une suite de 33 caractères alphanumériques (c’est-à-dire des minuscules, des majuscules et des chiffres), commençant généralement par le chiffre 1.

Voici à quoi ressemble une adresse : 13q1XguGLxRvXCFQwZN4F95sC2LTTE3ETp

Chaque bitcoin qui existe est nécessairement conservé dans une adresse. On peut se représenter une adresse comme un emplacement à l’intérieur de la blockchain. Chaque bitcoin est donc à l’intérieur de la blockchain, à une adresse donnée.

Vous entendrez peut-être également le terme de clé publique, il ne faut pas confondre la clé publique et l’adresse, ce n’est pas tout à fait fait la même chose. La clé publique n’est d’aucune utilité en pratique. Il suffit juste de savoir que la clé publique est elle aussi une suite de caractères alphanumériques qui a été généré aléatoirement, puis qui a servi à générer l’adresse via un algorithme cryptographique.

Il faut également savoir que lorsque la clé publique est générée, une clé privée correspondant à celle-ci est générée simultanément. Nous avons donc un couple clé public-clé privée générée en même temps, puis une adresse générée à partir de la clé publique.  Par conséquent, l’adresse est reliée à la clé privée par l’intermédiaire de la clé publique. Et c’est tout ce qu’il est important de retenir pour la pratique, à chaque adresse est associée une clé privée.

Voici à quoi ressemble une clé privée (51 caractères alphanumériques, commençant par un 5) : 5HpHagT65TZzG1PH3CSu63k8DbpvD8s5ip4nEB3kEsreAbuatmU

La clé privée est nécessaire pour signer les transactions, en effet une transaction doit obligatoirement être signée pour être validée par les mineurs. Autrement dit, la clé privée est ce qui permet de transférer les bitcoins d’une adresse à l’autre. Si vous perdez ou détruisez la clé privée, les bitcoins seront à tout jamais bloqués dans la même adresse et deviendront donc totalement inutilisables. D’un point de vue économique, cela équivaut à la destruction de ces bitcoins.

De même, si un hacker s’introduit dans votre ordinateur et prend connaissance de votre clé privée, il aura dorénavant le contrôle des bitcoins qui se trouvent à l’adresse associée. Lorsque vous perdez le contrôle de la clé privée, vous perdez le contrôle de vos bitcoins. C’est pour cela que, contrairement à l’adresse qui peut être montrée au monde entier afin de recevoir des paiements, il ne faut absolument pas montrer sa clé privée à qui que ce soit. Il est également très important d’en faire une sauvegarde sur une clé USB, ou sur papier, dans l’éventualité où votre PC tomberait irrémédiablement en panne.

Ceci dit, rassurez-vous. Dans la pratique vous n’aurez pas à signer chacune de vos transactions vous-même, ce seront les logiciels de wallet qui s’en chargeront à votre place. Et dans le prochain article, je vous expliquerai comment éviter d’avoir à faire une sauvegarde de la clé privée grâce à l’utilisation de certains wallets.

Sachez enfin qu’un wallet (i.e. un portefeuille dans la langue de Shakespeare) peut définir un couple adresse / clé privée (comme dans le cas du paper wallet), mais peut aussi définir plusieurs couples adresse / clé privée. Un wallet peut donc contenir plusieurs adressesne confondez pas wallet et adresse. Il est d’ailleurs recommandé de se servir des logiciels faisant office de wallet pour générer une nouvelle adresse à chaque paiement que l’on reçoit, afin d’optimiser la sécurité et l’anonymat de ses transactions. Nous verrons les différentes sortes de wallets disponibles dans le prochain article.

 

Pourquoi le Bitcoin est une révolution ?

Le problème majeur résolu par Satoshi Nakamoto est celui du contrôle décentralisé du double paiement. C’est-à-dire qu’il est parvenu à mettre au point un algorithme qui empêche qu’un même bitcoin soit dépensé à deux endroits différents en même temps, sans que ce contrôle nécessaire soit effectué par une entité centralisée mais par un réseau peer-to-peer. Un bitcoin est ni plus ni moins qu’un assemblage de bits et, comme chacun le sait, il est on ne peut plus facile de copier-coller des données numériques pour les envoyer sur un autre ordinateur situé n’importe où sur la planète. Or une monnaie numérique ne peut avoir aucune valeur si quelqu’un peut dépenser deux fois une même unité monétaire. En effet l’économie nous apprend que pour qu’un bien ait de la valeur, il faut qu’il existe une certaine rareté quant à la disponibilité de ce bien.

Jusqu’à présent avec la monnaie scripturale – qui est aussi un assemblage de bits – on pouvait résoudre ce problème seulement en ayant recours à un tiers de confiance (e.g. PayPal, Mastercard ou les banques). Ces tierces parties empêchent en effet les doubles paiements et ainsi permettent au système de monnaie scripturale de fonctionner. Et c’est principalement cet obstacle de la nécessité d’un tiers de confiance qui empêchait jusqu’à présent la création d’une monnaie numérique alternative à succès.

En effet la création d’une alternative à la monnaie scripturale étatique peux rendre les gouvernements nerveux quant au maintien du monopole qu’ils se sont eux-mêmes arrogés sur la création monétaire. Et l’existence d’un centre névralgique rend le système monétaire alternatif extrêmement vulnérable à une action gouvernementale. L’exemple de Liberty Reserve et de e-gold, qui proposaient une monnaie numérique, ou de Liberty Dollar, qui proposait une monnaie tangible, sont là pour témoigner de la faible espérance de vie d’un système centralisé en raison des velléités liberticides et monopolistiques de la plupart des États.

L’un des problèmes posés par la monnaie scripturale est qu’il faut rémunérer le travail effectué par le tiers de confiance qui en plus de cette rémunération engrange du profit, ce qui rend les transactions très coûteuses. Tout le monde a d’ores et déjà une douloureuse conscience des frais bancaires. En revanche les tarifs de PayPal ou de Mastercard sont beaucoup plus sournois car ce sont seulement les commerçants qui s’en acquittent directement. Toutefois, au final ce sont bien là aussi les consommateurs qui les payent car ces frais sont indirectement répercutés dans les prix. Et ces frais sont élevés ! 0,28% de chaque transaction pour VISA et Mastercard auxquels s’ajoutent les frais des processeurs de paiements qui sont encore plus élevés. Par exemple PayPal, qui est le processeur de paiements le plus connu sur Internet, facture de 1,4 à 3,4% + 0,25 EUR par transaction.

Le deuxième problème majeur du système de monnaie scripturale est que l’offre monétaire dépend des États par l’intermédiaire des banques centrales, qui ne sont pas réellement indépendantes mais sont simplement un organe exécutant qui permet aux États d’avoir la mainmise sur le système monétaire. Or les États augmentent tendanciellement l’offre de monnaie afin de financer une partie des déficits publics d’une manière plus indolore que par les hausses explicites d’impôts. Cette augmentation permanente de l’offre de monnaie entraîne une inflation perpétuelle qui est une taxe sur l’épargne que les personnes non-éduquées économiquement ne perçoivent pas comme telle. De plus, l’inflation a des effets néfastes sur la croissance économique en rendant plus difficiles et incertains les calculs économiques des individus. L’inflation est donc un des fléaux majeurs du XXe siècle – le dollar a par exemple perdu 99% depuis la création de la Fed en 1913. Or la vitesse d’augmentation de l’offre des bitcoins, nous l’avons vu, décroit marginalement jusqu’à ce qu’elle devienne nulle (et donc à ce moment-là l’offre sera fixe). Bitcoin a donc le potentiel d’éradiquer à moyen terme le fléau que constitue l’inflation et ainsi rendre un grand service à la prospérité économique de l’humanité et mettre de facto un coup d’arrêt aux injustes et fourbes manœuvres étatiques.

Enfin, pour votre édification personnelle sachez que le créateur de Bitcoin, en résolvant le problème du contrôle décentralisé des doubles paiements a en même temps résolu le problème plus général des généraux byzantins. Ceci signifie que le protocole n’est pas simplement révolutionnaire pour la transmission et la conservation de valeur mais d’une manière plus générale pour la synchronisation décentralisée de l’information. C’est un bond en avant phénoménal dans le domaine des sciences informatiques qui va avoir des retombées bien au-delà du domaine de la monnaie, qui pourtant est déjà à lui seul fondamental. C’est la totalité de la finance de demain et plus généralement le secteur des services qui vont être chamboulés et rendus plus efficients. Grâce à l’invention de Satoshi Nakamoto l’humanité s’apprête à vivre des changements qui promettent d’être de même ampleur que la transformation qu’elle a connue lors de la révolution industrielle au XIXe siècle.

Comment conserver ses bitcoins ?

De la même manière que la confiscation d’une partie des comptes bancaires chypriotes – afin de financer la dette de l’Etat – constitue un excellent exemple pour expliquer pourquoi conserver de la richesse via le système bancaire est plus risqué qu’il n’y paraît, la faillite de Mt.Gox est le parfait exemple pour démontrer pourquoi il ne faut laisser à personne d’autre que soi-même le contrôle de ses bitcoins.

Maintenant que vous avez acheté vos premiers bitcoins, il vous faut les retirer du site. En réalité, pour l’instant vous ne possédez pas réellement des bitcoins. Vous possédez simplement une créance libellée en bitcoins sur l’entreprise qui fait fonctionner la plateforme d’échange. Il faut donc réclamer le paiement de cette créance le plus vite possible afin de réduire au minimum l’exposition au risque de défaut de la contrepartie.

Juste avant cela, il va vous falloir décider de la manière dont vous allez stocker vos bitcoins. Je vais vous décrire les principales options, par ordres de commodités décroissantes et de sécurité croissantes. Il faut en effet réaliser un choix entre ce qui est très pratique et assez bien sécurisé, et ce qui est relativement peu pratique et extrêmement bien sécurisé. Plus la somme que vous avez investi est importante pour vous, plus il est chaudement recommandé de choisir la sécurité au détriment de la simplicité.

  •  Le web wallet :

Selon moi tous les web wallet sont à éviter, excepté https://blockchain.info/fr. Nous avons d’ores et déjà déjà vu que ce site est un explorateur de la blockchain. Or en plus de cela, il offre un service de portefeuille.

Pour créer un compte sur blockchain.info, il vous suffit de cliquer sur « Portefeuille » puis « Démarrer un portefeuille » et ensuite suivre les instructions. Faites bien attention à noter votre mot de passe, ainsi que le code mnémonique lorsqu’il apparaitra, sur du papier (et non sur votre PC qui est vulnérable à une attaque informatique). Une fois votre compte créé, mettez en place un deuxième facteur authentification par SMS. De cette manière, même si un voleur s’infiltre dans votre ordinateur, il ne pourra malgré tout pas se connecter sur votre portefeuille, car il n’aura pas l’identifiant reçu par SMS.

Si je conseille ce web wallet la raison est que, certes, comme tous les web wallets, la clé privée est dans les serveurs du site, mais elle y est encryptée. Par conséquent le site n’y a pas accès. Cela réduit considérablement les divers risques associés à l’existence d’une contrepartie. La clé privée est seulement décryptée par votre navigateur web lorsque vous vous connectez à votre compte.

  •  Le local wallet (wallet installé sur votre ordinateur) ;

Si vous optez pour cette solution, je vous conseille de télécharger, installer et utiliser Electrum. Ce wallet a en effet deux atouts :

– c’est ce que l’on appelle un « client léger », c’est-à-dire qu’il peut se synchroniser avec la blockchain sans avoir à la télécharger entièrement (ce qui prend assez longtemps, et donc s’avère peu pratique)

– il n’y a pas besoin de faire de sauvegarde des clés privées régulièrement comme avec la plupart des autres wallets. Il suffit seulement une fois pour toute de noter sur un papier une suite de douze mots. Electrum génère en effet les adresses de manière déterministe, à partir de cette liste de mot (alors que les autre wallet génère les adresse aléatoirement). Il vous suffit donc de noter et conserver cette liste de mots pour pouvoir retrouver vos paires adresses / clé privée même si votre disque dur se désintègre.

Je ne conseille pas Bitcoin-qt, dont j’avais dit qu’il pouvait faire office de nœud pour le réseau, car, au contraire, c’est un « client complet » qui va télécharger toute la blockchain. De plus, il nécessite de faire une sauvegarde à intervalle régulier. En effet, premièrement, les paires adresses / clés privées sont générés aléatoirement, donc il n’y a absolument aucun moyen de les retrouver une fois qu’ils sont perdus. Deuxièmement, une sauvegarde n’enregistre « que » 100 adresses à l’avance. Pour quelqu’un qui utilise une adresse pour chaque nouvelle transaction, comme il est conseillé, il faudra donc penser à faire une nouvelle sauvegarde toutes les 100 transactions effectuées

Si vous voulez tout de même l’utiliser malgré ces inconvénients, parce que cela vous plaît de faire le malin, veillez bien à faire une sauvegarde de vos clés privées. Celle-ci se trouveront alors sur un fichier wallet.dat qui devrait alors apparaître dans le répertoire où se trouve l’installation de Bitcoin-qt. Il vous incombera ensuite de veiller à ce que ce fichier ne soit ni détruit ni copier par un hacker.

Enfin sachez que Multibit est l’autre principal local wallet. Il a l’avantage d’être un client léger, mais il a le désavantage de ne pas être déterministe. Il faut donc gérer les sauvegardes.

Que vous utilisiez Electrum, Multibit ou Bitcoin-qt il est fortement recommandé de chiffrer votre portefeuille avec un mot de passe afin de compliquer la tâche d’un éventuel hacker qui s’introduirait à l’intérieur de votre ordinateur. Et n’oubliez surtout pas de noter ce mot de passe sur du papier. Si d’aventure vous perdiez ce mot de passe, vous ne pourriez plus accéder à vos bitcoins. Cela serait équivalant à une perte de la clé privée. Il y a probablement plus de bitcoins perdus du fait de mots de passe de chiffrage oublié, que du fait de hackers.

Donc, si vous avez bien suivi, vous avez compris qu’avec Electrum, il vous faut noter sur un papier à la fois la liste de douze mots que vous affichera le logiciel lors de son installation ET le mot de passe que vous aurez mis en place pour contrôler l’accès à votre wallet.

  •  Le paper wallet :

C’est la méthode que je conseille pour garder une somme importante d’argent. Elle demande quelques manipulations :

1- Allez sur le site www.bitadresse.org

2- Enregistrez le site sur votre disque dur (clique droit > Enregistrer sous).

3- Fermez votre navigateur et coupez Internet.

4- Ouvrez le site bitadress.org de l’endroit où vous l’avez enregistré sur votre disque dur.

5- Secouez la souris jusqu’à obtenir une adresse (en dessous de SHARE) et une clé privée (en dessous de SECRET).

6- Imprimez.

7- Faites un copier/coller de l’adresse et enregistrez-là quelque part sur votre disque dur (ce sera plus pratique que de la recopier manuellement lorsque vous voudrez recevoir un paiement).

8- Fermez votre navigateur.

Voilà, maintenant vous avez un wallet sur papier bien sécurisé, puisqu’à l’abri d’un vol informatique. Il ne vous reste plus qu’à mettre ce papier en lieu sûr (et à l’abri de l’eau). Pour les plus paranos d’entre vous, vous pouvez encore augmenter la sécurité de ces manipulations en lançant le site bitadress.org hors connexion à partir d’un système d’exploitation n’ayant jamais été en contact avec Internet. Pour vérifier le solde de votre adresse, il vous suffira dorénavant de copier-coller votre adresse dans la barre de recherche de blockchain.info

Que vous ayez choisi un web wallet, un local wallet, ou un paper wallet, il ne vous reste plus qu’à transférer vos fonds de la plateforme d’échange à votre wallet. Vous faites ceci en vous connectant sur la plateforme d’échange, en allant dans « withdrawal > bitcoin », et en indiquant une des adresses que vous contrôlez.

Vous devriez à ce moment-là avoir votre premier aperçu de la puissance et du potentiel de cette technologie. Vos bitcoins vont sortir de la plateforme d’échange et atterrir dans votre wallet en quelques minutes, ceci quasiment gratuitement. Alors que de son côté, la monnaie traditionnelle a mis plusieurs jours pour sortir de votre compte bancaire et arriver sur la plateforme d’échange, moyennant parfois quelques frais bancaires. Devinez laquelle de ces deux technologies est obsolète ?

Le Bitcoin et l’anonymat 

Une des fausses croyances les plus répandues au sujet de Bitcoin est celle concernant son supposé anonymat. Certes, payer en bitcoins permet généralement une plus grande discrétion qu’un paiement par carte bancaire, mais on est loin de l’anonymat total vanté par la rumeur. Une adresse envoyant des bitcoins peut en effet facilement être reliée à une identité réelle (soit via l’IP de l’ordinateur qui effectue la transaction, soit via l’historique des transactions enregistrées par la blockchain). Par conséquent, Bitcoin est beaucoup moins anonyme que le cash.

En réalité, une des principales caractéristiques de Bitcoin est la transparence du système. Tout le monde peut scruter la blockchain et ainsi observer chacune des transactions qui y sont effectuées. Lorsqu’un échange marchand payé en bitcoins est effectué, le monde entier en est le témoin. Notons au passage que cela constitue une révolution comptable : Bitcoin rend possible la première implémentation de la comptabilité à triple entrée. La comptabilité à double entrée – inventée dans l’Italie de la Renaissance – a permis aux gérants d’avoir confiance en la véracité des comptes de leur entreprise. La comptabilité à triple entrée, quant à elle, permettra à toutes les tierces parties d’avoir confiance dans la véracité des comptes de l’entreprise (jusqu’à présent on faisait appel à des auditeurs pour assurer cette fonction… voilà encore des personnes qui vont être mises au chômage à cause de Satoshi Nakamoto !).

C’est également un système parfait pour les organisations caricatives, qui pourront ainsi démontrer à ceux qui les supportent qu’elles ne gaspillent pas l’argent qui leur est confié, mais l’utilisent bel et bien d’une manière productive. Un système parfait, aussi, pour les États. Imaginez un monde où les contribuables peuvent suivre à la trace l’emploi de chaque centime qui est dépensé par l’État. Nous sommes en droit de penser que ce serait un monde où l’argent public serait utilisé de manière beaucoup plus efficiente…

Seulement voilà, la transparence n’a pas que des avantages. Avez-vous envie que vous parents, votre copine, votre mari, vos amis sachent tout ce que vous achetez ? Avez-vous envie que les services secrets aient un fichier avec votre nom, où se trouve enregistré la totalité de vos dépenses quotidiennes ? On l’imagine sans peine, la transparence peut vite devenir pénible, voire indigne de la condition humaine. Par ailleurs, une entreprise peut avoir le besoin de masquer à ses concurrents certaines transactions ; un État, de financer des opérations secrètes.

Parallèlement à ces considérations, il est important de comprendre que lors de l’adoption d’une nouvelle monnaie, un effet boule de neige se met en place : plus une monnaie potentielle est liquide, plus les gens vont l’utiliser pour effectuer des échanges marchands, plus le bien va devenir liquide, plus les gens vont l’accepter, etc. Le seul moyen pour une jeune monnaie de remonter son handicap initial de liquidité est de posséder des caractéritiques qui la rendent largement meilleure que les monnaies déjà existantes aux yeux des utilisateurs potentiels. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement avec Bitcoin, qui rattrape les monnaies à cours forcés : l’euro et le dollar sont beaucoup plus liquides et ont un plus grand effet de réseau que Bitcoin, mais ce dernier a des caractéristiques intrinsèques tellement supérieures par rapport aux monnaies à cours forcés, que l’adoption de Bitcoin va continuer de s’accroître malgré ce handicap initial.

A terme, l’existence de cet effet boule de neige laisse à penser qu’il n’y aura pas la place pour une foultitude de cryptos-monnaies différentes, contrairement à ce que laisse à penser le pullulement actuel d’altcoins. Seulement quelques-unes seront dominantes – avec Bitcoin ayant probablement la plus grande importance – car seulement quelques-unes auront un avantage concurrentiel significatif au niveau de leurs qualités intrinséques, et parviendront, grâce à celles-ci, à atteindre une masse critique d’utilisateurs. Or nous venons de voir qu’il existe un gros marché que Bitcoin ne pourra pas satisfaire : celui des transactions nécessitant l’anonymat, là où la transparence doit laisser la place à l’opacité, pour le bien de tous. S’il l’on admet que les crypto-monnaies sont supérieures aux monnaies-papiers traditionnelles, la conséquence logique est qu’il y a un altcoin qui va occuper la place du roi sur cet important créneau.