Depuis plusieurs mois maintenant, une mode se répand chez certaines personnes, celle d’affirmer que la technologie de la blockchain sera très utilisée dans le futur, mais que Bitcoin, lui, ne va pas durer. Selon eux, l’important ne serait pas la monnaie, mais la technologie ; la blockchain, mais pas Bitcoin.

Therefore, for any of you out there

thinking that bitcoin is dead in the water, it might be.  The currency is not the important factor.  The important factor is the cryptographically secure blockchain protocol, as this gives the protocol the ability to record and transfer value without trusted third parties such as banks.  That technology, given to the world by Satoshi Nakamoto, may just transform everything including banking.

Traduction :
Par conséquent, ceux qui pensent que Bitcoin n’a pas d’avenir ont peut-être raison. La monnaie n’est pas le principal. Le principal est la blockchain sécurisée cryptographiquement, car elle donne au protocole la capacité d’enregistrer et de transférer de la valeur sans tierce partie de confiance telles que les banques. Cette technologie, donnée au monde par Satoshi Nakamoto, pourrait bien tout transformer, y compris l’industrie bancaire.

Nous avons vu avec les projets de Bitshares, qu’effectivement la blockchain peut avoir de nombreuses applications autres que l’application monétaire (par exemple un système électoral ou un système de noms de domaine décentralisés). IBM prévoit également d’utiliser la blockchain comme colonne vertébrale d’un hypothétique futur Internet of Things. Et on notera qu’Olivier Baussmann est enthousiasmé par le potentiel de la blockchain, pas par celui de Bitcoin.

Pour rappel, la blockchain est la solution pratique au problème de la synchronisation décentralisée des données. C’est une avancée majeure dans les sciences informatiques. Beaucoup de chercheurs pensaient que ce problème informatique, qui s’apparente à celui des généraux byzantins, était impossible à résoudre. Satoshi Nakamoto pensait autrement, et grâce à son idée géniale, l’humanité a maintenant un outil qui lui permet d’être certaine que des données sont fiables sans qu’il y ait besoin de l’intervention d’une autorité centrale, un livre de compte universel enregistrant de manière définitive et infalsifiable l’histoire des transferts de données.

Ces données, dans le cas de Bitcoin, représentent un transfert monétaire. Avec Counterparty, elles peuvent représenter n’importe quel actif financier. Et nous voyons que Bitshares et IBM imaginent encore d’autres significations pour ces données et donc d’autres applications que des applications monétaires et financières. Il est important de préciser que Counterparty utilise la même blockchain que celle de Bitcoin ; Bitshares et IBM, quant à eux, utilisent et prévoient d’utiliser une blockchain différente.

Cette analyse de l’utilité énorme de la technologie de la blockchain commence a être de notoriété publique, au moins chez les élites technologiques et économiques, et partant de là, certaines font le raisonnement suivant : la blockchain va rester, mais pas Bitcoin. Le premier ne reste jamais de toute manière, qui se souvient d’AltaVista qui dominait la recherche en ligne avant Google, ou du Betamax qui était là avant la VHS ? Qui a besoin d’une monnaie volatile et compliquée à utiliser alors que personne ne se plaint de l’euro ou du dollar ?  Non vraiment, dans 20 ans tout le monde aura oublié Bitcoin, qui n’est rien de plus qu’une application primitive de l’immense potentiel de la blockchain.

Tous ceux qui pensent cela ne comprennent pas un élément fondamental : une blockchain a besoin d’une unité monétaire pour être sécurisée. L’application monétaire n’est pas optionnelle, elle est est fondamentale au fonctionnement d’une blockchainCe sont les mineursqui veillent à la fiabilité des transferts de données grâce à la puissance de calcul qu’ils mettent à disposition du réseau. Et ils ne font pas cela bénévolement, ils le font pour gagner des bitcoins qui ont une valeur monétaire : sans bitcoins il n’y aurait pas de mineurs pour sécuriser la blockchain. Dans le cas du Proof of Stake – qui est un autre algorithme de vérification des transferts de données sans mineurs – il y a également besoin d’une unité monétaire ayant de la valeur : ce sont les détenteurs de l’unité monétaire qui sécurisent les transactions. Et c’est la blockchain qui possède l’unité monétaire qui a le plus de valeur qui est la plus sécurisée. Aujourd’hui c’est celle de Bitcoin, et il n’y a aucun argument solide pour penser qu’il en sera autrement dans un avenir prévisible.

Pour résumer, le fonctionnement d’une blockchain est indissociable de l’existence d’une monnaie qui lui est propre. Séparer conceptuellement la monnaie et la blockchain est une erreur. Et si autant de personnes font cette erreur en ce moment, c’est en partie parce que les implications politiques de l’application monétaire les dérangent. Mais que cela leur plaisent ou non, l’ère des monnaies étatiques touche à son terme,  car effectivement, les blockchains et leur monnaie sont là pour rester. Et Bitcoin, qui est la blockchain la plus utilisée et la plus sécurisée, n’est pas prêt de disparaître.