Formation trading : L’analyse technique

L’analyse technique, ou analyse graphique, consiste à étudier l’évolution historique du cours d’une valeur à partir d’indicateurs statistiques plus ou moins complexes.

Dans l’histoire de la finance, les débats sur l’utilité de l’analyse technique dans l’évaluation du potentiel d’une action ont souvent fait rage, opposant les fervents défenseurs de l’analyse graphique aux puristes de l’analyse fondamentale… En pratique, la vérité se situe probablement entre ces deux Ecoles, en tout cas c’est notre conviction au sein du Club.

En effet, notre expérience des marchés financiers nous a appris que l’analyse technique, bien que présentant certaines limites, ne devait pas être négligée au moment de la prise de décision. Au contraire, elle doit véritablement être considérée en complément de l’analyse fondamentale, pour vous permettre d’anticiper les fluctuations futures du cours d’une actions au regard de ses évolutions passées.

Comment réaliser une analyse technique?

 

Maîtriser l’analyse technique implique, d’une part, de savoir choisir les indicateurs nécessaires à la prise de décision et, d’autre part, d’être capables de les interpréter pour définir sa stratégie d’investissement.

Devant la multitude d’indicateurs statistiques existants, nous en avons sélectionné 9 qui nous semblent être les plus pertinents et que nous utilisons régulièrement dans nos analyses. Nous vous apporterons pour chacun d’entre eux les explications nécessaires à leur compréhension et leur interprétation, que nous illustrerons systématiquement par des exemples concrets.

En outre, si vous souhaitez réaliser vous-mêmes vos propres analyses techniques, vous pouvez consulter l’historique du cours de toutes les sociétés côtées grâce à nos fiches actions. Si vous souhaitez aller plus loin dans l’analyse technique, nous vous conseillons vivement de vous tourner vers le site Boursorama.com dont l’interface est simple d’utilisation et gratuite.

Certains experts ou autres courtiers vous conseilleront surement l’acquisition d’un logiciel d’analyse technique dédié. Cependant, hormis pour un usage professionnel, ceux-ci ne vous seront pas nécessaires pour vos analyses.

Quels indicateurs ?

La lecture graphique

Les chandeliers

Par défaut, l’évolution du cours d’une action est le plus souvent représentée graphiquement par l’évolution de ses cours d’ouverture, comme c’est le cas dans nos fiches actions :

AT - 01 Exemple CAC

Cependant, cette lecture n’est pas suffisante car elle ne rend pas compte des fluctuations de la valeur au cours de la journée. Hormis sur du très long terme (plusieurs années), il est donc préférable de lire le cours d’une valeur en « chandelier » :

AT - 02 Exemple CAC cours chandelier

La lecture en chandelier ou « bougie » permet de distinguer deux types de bougies sur le graphique (cf. illustration ci-dessous) : les bougies rouges réprésentent les journées de baisse et les bougies vertes représentent les journées de hausse :

AT - 03 Explication chandelier

Ainsi, si l’on se fie au premier graphique, on considère que le point le plus bas atteint par le CAC 40 sur la période du 02/05/2011 au 17/10/11 est 2780. Or, d’après le deuxième graphique en chandelier, on s’aperçoit qu’en fait le point le plus bas est 2690 (atteint en journée le 23/09/2011), soit près de 100 points plus bas !

Lorsque vous souhaitez suivre l’évolution du cours d’une valeur à court-terme (moins de 3 mois) voire moyen-terme (entre 3 mois et 1 ans), nous vous conseillons donc fortement d’utiliser les graphiques en chandelier. Au-delà d’1 an, les graphiques en cours d’ouverture vous suffiront pour identifier les grandes tendances.

Tous ces paramètres sont modifiables sur nos fiches actions, afin de vous permettre d’analyser au mieux les sociétés de votre choix.

Les tendances

Les droites de tendance

L’analyse graphique permet de distinguer des tendances basées sur l’évolution des cours passés qui vous donneront des indications sur l’évolution possible du cours dans l’avenir.

Afin d’identifier au mieux ces tendances, nous vous conseillons de tracer directement sur le graphique correspondant des « droites de tendances » :

AT - 04 Exemple droites tendances

Il est généralement considéré qu’une ligne de tendance devient pertinente à partir du moment où elle relie au moins 3 sommets. C’est le cas sur le graphique des droites A, B et C.

Par ailleurs, on observe qu’une ligne de tendance peut être oblique (cf. droite B et C) ou horizontale (cf. droite A). Dans tous les cas, ces droites vont servir de repère pour anticiper les futures fluctuations du cours de la valeur. En effet, ces droites vont constituer des seuils techniques qui vont « guider » l’évolution des cours :

  • Lorsque la droite de tendance se situe en dessous de la courbe, on dira qu’elle constitue un support. Autrement dit, quand la valeur de l’action baisse jusqu’à ce niveau, elle aura tendance à « rebondir » sur son support et à augmenter ensuite (cf. droite A et B)
  • Lorsque la droite de tendance se situe au-dessus de la courbe, on dira qu’elle constitue une résistance. Autrement dit, quand la valeur de l’action monte jusqu’à ce niveau, elle aura tendance à « butter » sur sa résistance et à baisser ensuite (cf. droite C)

Evidemment, la réalité n’est pas toujours aussi simple et les variations du cours d’une valeur pourront fluctuer au-delà de ses niveaux de supports et résistance (comme on le voit sur la droite B le 09/08/2011).

Malgré tout, bien que leur efficacité ne puisse être garantie à 100%, ces seuils restent très utiles pour anticiper les fluctuations à venir d’une valeur.

Les figures : Le triangle et le biseau

Lorsque les lignes de tendance ne sont pas parallèles, elles peuvent former des figures géométriques. Les deux plus célèbres sont le triangle et le biseau, deux figures très proches nécessitant une attention toute particulière afin d’éviter les erreurs d’interprétation.

Ces figures sont particulièrement intéressantes dans la mesure où elles sont annonciatrices de fortes variations :

  • Le biseau descendant et le triangle ascendant annonciateurs d’une tendance haussière :

AT - 08 Biseau et triangle baissiers

Voici deux exemples concrets illustrant l’utilisation de ces figures, représentant respectivement un biseau descendant sur Gemalto fin 2010 et un triangle ascendant sur Alcatel-Lucent début 2011 :

AT - 06 Illustration biseau et triangle haussiers

AT - 06 Illustration biseau et triangle haussiers 2

  • Le biseau ascendant et le triangle descendant annonciateurs d’une tendance baissière :

AT - 05 Biseau et triangle haussiers

Voici deux exemples concrets illustrant l’utilisation de ces figures, représentant respectivement un biseau ascendant sur France Télécom en août 2011 et un triangle descendant sur General Electric en février-mars 2011 :

AT - 09 Illustration biseau et triangle baissiers

AT - 09 Illustration biseau et triangle baissiers 2

L’identification des tendances, qu’elles soient simples (droites de tendance) ou plus complexes (cf. triangles et biseaux), constitue le premier niveau de l’analyse technique. Les lignes de tendance et les figures sont une vraie indication de la possible évolution des cours dans le futur. Pour confirmer ou infirmer leur interprétation, nous vous conseillons de les confronter ensuite aux autres indicateurs de l’analyse technique détaillés ci-dessous.

Les moyennes mobiles

L’analyse des moyennes mobiles (MM) est également un indicateur de tendance. L’interprétation se fait généralement à partir de la représentation graphique de 2 moyennes mobiles : une moyenne mobile « courte durée » et une moyenne mobile « longue durée ».

Sur l’exemple ci-dessous pour Accor, nous avons ainsi tracé la MM20 (moyenne mobile à 20 jours) et la MM50 (moyenne mobile à 50 jours). Pour rappel, la moyenne mobile à 20 jours est la moyenne des cours calculée sur les 20 derniers jours : elle est donc un indicateur de l’évolution de la valeur sur cette période et fluctue logiquement davantage que la MM50, calculée sur une plus longue période :

AT - 11 Moyennes Mobiles

Le choix des moyennes mobiles doit idéalement se faire par « tâtonnement », autrement dit en testant différentes valeurs de MM qui représentent au mieux l’évolution des cours sur la période considérée. Dès lors, le choix doit s’arrêter sur les MM qui semblent servir de support/résistance à la courbe. Cependant, cette méthode étant un peu laborieuse, les MM20 et MM50 sont les plus souvent utilisées.

Nous allons ensuite nous intéresser aux croisements de ces moyennes mobiles qui sont très souvent le signal d’une tendance. Contrairement aux figures géométriques (triangles, biseaux) qui permettent d’anticiper un changement de tendance, le croisement des MM permet de confirmer une tendance déjà identifiée. Il faut distinguer deux cas de figure :

  • Le croisement de la MM50 par la MM20 à la hausse : Cette configuration est le signe d’une tendance haussière (cf. point A et B sur le graphique ci-dessus)
  • Le croisement de la MM50 par la MM20 à la baisse : Cette configuration est le signe d’une tendance baissière (cf. point C sur le graphique ci-dessus)

Par ailleurs, au même titre que les niveaux de support et de résistance déterminés par les droites de tendance, les moyennes mobiles peuvent également constituer des niveaux de seuil pour les valeurs. Comme on l’observe sur le graphique ci-dessus, la courbe « rebondit » plusieurs fois sur les MM (cf. résistance aux points E et F et support au point H par exemple).

L’utilisation des MM (croisements et niveaux) est un indicateur intéressant mais dont la fiabilité est souvent mise en défaut. Nous vous conseillons donc plutôt d’y recourir en complément des autres indicateurs techniques, pour confirmer une orientation de cours ou un support/résistance.

Les Bollinger

Les Bollinger, ou bandes de Bollinger traduisent à la fois de l’évolution passée des cours et de leur volatilité. Pour cela, leur mode de calcul est basé non seulement sur la valeur des moyennes mobiles (indicateur de l’évolution passée) mais également sur leur écart-type (indicateur de volatilité).

L’indicateur est représenté graphiquement par 2 courbes qui constituent une sorte de canal pour l’évolution des cours (une 3ème courbe peut éventuellement être tracée au milieu de ce canal, représentant la moyenne mobile), comme vous pouvez l’observer sur la graphique ci-dessous de l’action Ricard :

AT - 12 Bollinger

C’est l’écart entre les 2 bandes de Bollinger qui va déterminer la tendance :

  • Un resserrement des Bollinger indique un changement de tendance, comme nous l’observons sur les points A et B. La difficulté ici est de déterminer le moment du retournement de la tendance : jusqu’où les Bollinger vont-elles se resserrer ?
  • Un écartement des Bollinger indique au contraire une tendance forte, comme nous l’observons sur le point C.

Outre l’écart des bandes de Bollinger, celles-ci constituent également de véritables supports et résistances pour le cours de l’action (comme les moyennes mobiles ou les droites de tendance). Dans ce cadre, nous notons deux points importants :

  • Lorsqu’un mouvement débute sur le bord d’une des 2 bandes, il a tendance à aller rejoindre l’autre bande (cf. point D) : l’action débute une phase haussière fin juin 2011 sur la Bollinger inférieure et va rejoindre la Bollinger supérieure mi-juillet avant de revenir ensuite sur la Bollinger inférieure fin juillet
  • Lorsque le cours de l’action sort du canal, c’est le signal d’une tendance très forte amenée à se poursuivre sur les prochaines séances (cf. point E) : début aout 2011, l’action entame une forte baisse et sort du canal défini par les Bollinger pendant plusieurs séances

La puissance de cet indicateur résulte de sa fiabilité et de sa réactivité : vous observerez en effet que tous les changements de tendance sont précédés juste avant d’un resserrement des Bollinger (sauf retournement brutal du à un choc exogène ou imprévisible).

La MACD

Comme les moyennes mobiles, la MACD (Moving Average Convergence Divergence) est un indicateur utilisé pour identifier la tendance en cours. Toutefois, la MACD est un indicateur plus élaboré que la simple observation visuelle des moyennes mobiles, en intégrant notamment dans son mode de calcul l’écart entre les moyennes mobiles.

Plus précisément, il est constitué de deux courbes :

  • La MACD qui est la différence entre deux moyennes mobiles exponentielles. Généralement, on calcule la MACD sur les moyennes mobiles 26 et 12 : cf. courbe en bleu sur le graphique ci-dessous
  • La ligne de signal qui est la moyenne mobile de la MACD. Généralement, on utilise la moyenne mobile sur 9 jours (MM9) : cf. courbe en jaune sur le graphique ci-dessous
Comme pour l’analyse des moyennes mobiles, l’interprétation de cet indicateur se base sur le croisement de 2 courbes :
  • Si la MACD traverse à la hausse sa ligne de signal, la tendance est haussière(cf. points A et C)
  • Si la MACD traverse à la baisse sa ligne de signal, la tendance est baissière (cf. point B)

Comme les moyennes mobiles, nous conseillons l’utilisation de la MACD en complément des autres indicateurs de tendance. A noter que par rapport à la simple observation des moyennes mobiles, le signal de tendance fourni par la MACD présente l’avantage de survenir plus tôt (cf. point A par exemple ou le croisement de la MACD et de sa ligne de signal survient quelques jours avant le croisement des MM).

Le RSI

Le RSI (Relative Strenght Index) est un indicateur de valorisation (aussi défini comme un « indicateur de momentum ») dans le sens où il permet d’identifier lorsque la valeur est surachetée (surévaluée) ou survendue (sous-évaluée). Pour cela, il est construit à partir d’un rapport entre la moyenne des hausses et la moyenne des baisses sur un période donnée :

AT - 14 RSI

Il se calcule généralement sur 14 jours et sa valeur oscille entre 0% et 100% :

  • Lorsqu’il est inférieur à 30%, la valeur est dans une zone de survente. Cela signifie que la valeur de l’action est trop faible par rapport à son historique sur 14 jours. Cela annonce un retournement de tendance à la hausse et constitue un signal d’achat : cf. point B sur le graphique ci-dessus
  • Lorsqu’il est supérieur à 70%, la valeur est dans une zone de surachat. Cela signifie que la valeur de l’action est trop élevée par rapport à son historique sur 14 jours. Cela annonce un retournement de tendance à la baisse et donc constitue un signal de vente (ou prise de position short) : cf. point A sur le graphique ci-dessus

La question du « timing » se pose alors légitimement. Par exemple, lorsque le RSI passe en zone de survente (inférieur à 30%), à quel niveau de RSI la tendance va-t-elle précisément se retourner ?

Dans ce cas, nous vous conseillons d’attendre un changement de tendance du RSI lui-même afin de ne pas rentrer « trop tôt » sur la valeur. C’est ce que nous observons sur le point B : la RSI passe en dessous des 30% mais l’action continue à baisser sur plusieurs séances, en même temps sur le RSI. Le bon point d’entré est alors représenté par le moment où le RSI se stabilise avant de remonter par la suite jusqu’à 40%.

Le stochastique et le RSI sont deux indicateurs très proches dans leur interprétation, que nous vous conseillons de combiner dans vos analyses. Le stochastique fournit également une indication sur la valorisation de l’action étudiée. Il compare le cours de clôture du jour avec l’écart du cours sur une période donnée, généralement 14 jours (comme le RSI). Autrement dit, il fournit une indication sur la valorisation actuelle par rapport aux variations passées du cours.

AT - 15 Stochasitiques

Comme le RSI, le stochastique oscille entre 0% et 100% :

  • Lorsqu’il est inférieur à 20%, la valeur est dans une zone de survente. Cela signifie que la valeur de l’action est trop faible par rapport à son historique sur 14 jours. Cela annonce un retournement de tendance à la hausse et constitue un signal d’achat : cf. point B sur le graphique ci-dessus
  • Lorsqu’il est supérieur à 80%, la valeur est dans une zone de surachat. Cela signifie que la valeur de l’action est trop élevée par rapport à son historique sur 14 jours. Cela annonce un retournement de tendance à la baisse et donc constitue un signal de vente (ou prise de position short) : cf. point A sur le graphique ci-dessus

Comme pour le RSI, la question du « timing » va alors se poser. En effet, ce n’est pas parce que le stochastique de l’action dépasse les 80% que la tendance va immédiatement se retourner à la baisse (et réciproquement en dessous des 20%). De la même manière que pour l’interprétation du RSI, nous vous conseillons plutôt d’attendre que la valeur de stochastique se stabilise voire change de sens. C’est ce que nous observons notamment sur le point A ou le stochastique dépasse le seuil des 80% mais continue sa hausse sur plusieurs séances avant que le cours de l’action n’entame une phase de baisse.

Par ailleurs, le stochastique se distingue du RSI car sa courbe, appelée aussi %K, est associée à une autre courbe, %D, qui n’est autre que sa moyenne mobile (généralement calculée sous 5 jours) et joue le rôle de ligne de signal (comme pour la MACD) :

  • Lorsque le stochastique %K croise sa ligne de signal %D à la baisse, c’est un signal de vente (cf. point C)
  • Lorsque le stochastique %K croise sa ligne de signal %D à la hausse, c’est un signal d’achat (cf. point D)

Le Williams %R est le dernier indicateur de valorisation que nous avons retenu, mettant en avant les zones de surachat et de survente, à la manière du RSI et du stochastique.

Il est fonction du cours de clôture du jour, du plus haut niveau atteint par la valeur sur une période donnée (généralement 14 jours, comme le RSI et le stochastique) et de l’écart du cours sur la même période.

AT - 16 Willam R

Il oscille entre 0 et -100% :

  • Lorsqu’il est inférieur à -80%, la valeur est dans une zone de survente. Cela signifie que la valeur de l’action est trop faible par rapport à son historique sur 14 jours. Cela annonce un retournement de tendance à la hausse et constitue un signal d’achat : cf. point B sur le graphique ci-dessus
  • Lorsqu’il est supérieur à -20%, la valeur est dans une zone de surachat. Cela signifie que la valeur de l’action est trop élevée par rapport à son historique sur 14 jours. Cela annonce un retournement de tendance à la baisse et donc constitue un signal de vente (ou prise de position short) : cf. point A sur le graphique ci-dessus

De même que pour le RSI et le stochastique, il faut toutefois être vigilant à l’interprétation de ces zones de surachat et de survente. En effet, ce n’est pas parce que le Williams %R de l’action dépasse les -20% que la tendance va immédiatement se retourner à la baisse (et réciproquement en dessous des -80%), comme nous l’observons sur le point A par exemple. Dès lors, lorsque le Williams %R entre en zone de surachat ou de survente, nous vous conseillons plutôt d’attendre qu’il se stabilise voire change de sens pour prendre votre position. En cas de doute, vous pouvez même décider d’attendre que la Williams %R quitte sa zone de surachat ou de survente, comme c’est le cas au point A.